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L'Histoire d'EMMAÜS

 

Que ceux qui ont faim aient du pain ! Que ceux qui ont du pain aient faim de justice et d’amour !

 

Abbé  Pierre

 

 

En 1949, l'Abbé Pierre, député de Meurthe-et-Moselle, vit dans une maison délabrée qu’il restaure à Neuilly-Plaisance en Seine-Saint-Denis en banlieue parisienne. Dans cette maison, il accueille des personnes en difficulté. Ce lieu devient une auberge de jeunesse internationale qu'il baptise EMMAÜS (au nom de l'épisode biblique d'Emmaüs)

G. Legay
G. Legay

 

Le mouvement EMMAÜS naît, en Novembre 1949, de cette initiative et de la rencontre avec un désespéré suicidaire, Georges Legay. L'Abbé lui permet d'échapper au suicide en lui tenant ces mots: "Je ne peux pas t'aider, mais toi, tu peux m'aider à aider les autres"

 

Le but de cette initiative est "d'agir pour que chaque homme, chaque société, chaque mation puisse vivre, s'affirmer et s'accomplir dans l'échange et le partage, ainsi que dans une égale dignité" (extrait du Manifeste universel). Dès le début, l'Abbé Pierre trouvera en la personne de celle qui deviendra sa secrétaire particulière, Lucie Coutaz, une aide sans faille.

C'est en 1953 que l’association EMMAÜS est créée dans le but d'organiser ce mouvement. Bien qu'inspirée par un prêtre chrétien, l'association s'est voulue totalement neutre au plan politique, spirituel et religieux, et est ouverte à toutes les nationalités, les origines ethniques, sans juger les convictions de ceux à qui elle porte assistance sans distinction.

Appel de l'Hiver 1954
Appel de l'Hiver 1954

 

Après les ravages de la Seconde Guerre mondiale, la France connaît un hiver 1954 très rude et plusieurs personnes meurent de froid.

 

Dans ce contexte de grave pénurie de logements, l’Abbé Pierrelance son célèbre appel sur les ondes de Radio Luxembourg :

‘’Mes amis, au secours !

Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée ‘’

Il déclenche «l’insurrection de la Bonté» et influence fortement les pouvoirs publics. Un immense mouvement de solidarité naît.

Les dons reçus seront dans un premier temps utilisés pour parer aux besoins urgents, puis pour aider au développement de l'association. Durant les jours qui suivent l'appel, près de 2000 tonnes de dons en nature seront récoltés.

Les années suivantes voient la création de nombreuses structures au sein  d’EMMAÜS : HLM EMMAÜS, UNASL(Union Nationale d'Aide aux Sans-Logis, février 1955), puis SOS FamilleEMMAÜS, Fondation Abbé-Pierre.

En 1958, l'Union Centrale de Communautés EMMAÜSest créée. Elle regroupe environ 14 communautés qui expriment leur désir de structurer les communautés. Il s'agit surtout de mettre en place un salariat des responsables, un recrutement de ces derniers à l'externe, une formation poussée de type professionnelle.

 

L'Abbé Pierre exprime à plusieurs reprises sa méfiance envers cette structuration. Quelques années plus tard, l'Union des Amis et des Compagnons d' EMMAÜS se créé, regroupant d'autres communautés plus proches de la vision de l'abbé. À son tour, cette UACEconnaîtra des oppositions internes, qui seront à l'origine de la création d'EMMAÜS Liberté et d’EMMAÜS Fraternité, deux autres familles de communautés.

 

Le dramatique hiver 1984-85, au cours duquel plus d’une cinquantaine de Sans domicile fixe mourront de froid, d’hypothermie et de misère physiologique, coïncidera avec le retour sur la place publique de la figure emblématique de l’Abbé Pierre.

30 ans après l’appel de la Noël 54 les autorités, tant civiles que politiques, devaient se résoudre à faire un terrible constat d’échec en matière de logement social et, beaucoup plus grave, en matière d’hébergement d’urgence. Opportunément le quotidien France Soir lança une campagne médiatique en faveur des plus démunis sous l’égide du fondateur d’Emmaüs; de la même façon qu’à l’hiver 1954, les Français, toutes classes sociales confondues, furent au rendez-vous de ce que certains journalistes ne craignirent pas d’appeler la «deuxième insurrection de la bonté» (quoiqu’il n’y eut aucune réelle «insurrection», mais une immense vague de solidarité nationale qui perdura plusieurs semaines).


Dès les premiers froids, les deux communautés de Neuilly-Plaisance et Neuilly–sur-Marne, rejointes par celles du Plessis-Trevise, de Bougival et de Bernes-sur-Oise, organisèrent un service de distribution nocturne et quotidien de soupe sur Paris ; ainsi chaque soir deux camionnettes partaient des deux Neuilly et suivaient deux parcours balisés et à chaque arrêt les volontaires (de l’ordre d’une demi-douzaine pour chaque véhicule), communautaires ou bénévoles, distribuaient soupe, couvertures, sacs de nourriture non périssable et conseils.

 

La création d'EMMAÜS France date de 1985 et a profité de l'élan des trente ans du mouvement et de la triste publicité de l'hiver 84.

Son premier président est Raymond Étienne.

Sous la houlette de son responsable en titre, Joseph Cojan, figure emblématique. Le mouvement accentua dès 1985 son activité sociale extracommunautaire. A son service des aides mobilières gratuites (service qui s'occupait de fournir gratuitement, livraison comprise, des meubles de première urgence à des familles en situation d'extrême précarité que lui avaient adressées les différents services sociaux de la région parisienne).

EMMAÜS Neuilly-Plaisance, en association avec EMMAÜS France, créa et prit en charge le centre d'hébergement d'urgence du Quai de la Gare, et ce dès 1985. Ce centre, où vivaient en permanence une demi-douzaine de communautaires, s'occupait de l'entretien d'anciens locaux de la SNCF prêtés (et qui permettaient de coucher environ 90 sans-abris chaque nuit en hiver) et du tri de vêtements, apportés chaque jour par des donateurs parisiens, et qui permirent d'ouvrir divers vestiaires sur Paris intra muros.

Par une ironie de l'histoire, et plus précisément de l'évolution économique, EMMAÜS revient à ses pratiques originelles.

 

Peu de gens savent en effet qu'outre son engagement humaniste auprès des plus démunis et son combat quotidien pour le droit à un logement décent, le mouvement fondé pat l’Abbé Pierre présente une particularité bien spécifique dans le domaine économique.

 

Les biffins et chiffonniers d'EMMAÜS ont inventé dés 1949, en plein boum de la société de consommation, le concept de "recyclage" des rebuts sur un mode quasi-industriel.

 

Ce sont les communautés EMMAÜS, qui les premières, ont développé ce qui est devenu un enjeu international : le "recyclage écologique"... et ce bien avant que nul autre ne songe au concept même "d'écologie".

 

 Après de multiples rebondissements dûs à une histoire mouvementée, parce que sujette à trop de sollicitations tant internes qu'extérieures, notre communauté de Neuilly-Plaisance a mis sur pied en 2008, en partenariat avec sa voisine de Neuilly-sur-Marne, un vaste projetd'éco-cylerie : " EMMAÜS Avenir", qui a pour but de mettre en application et de rationaliser une pratique de travail mise au point au cours de ces 60 dernières années.

 

Comme toujours EMMAÜS s'adapte au monde au sein duquel il vit et se développe, sans cesser néanmoins d'innover, s'appuyant sur la richesse du savoir et du vécu des milliers d'hommes, compagnons et responsables qui composent le mouvement.

 

Le mouvement EMMAÜS développe des valeurs de solidarité, de respect de l'autre, d'écoute et d'entraide. Il se bat chaque jour pour bâtir un monde plus juste, dans lequel chacun retrouve sa dignité et sa place dans la société.

 

Le mouvement est né d'une rencontre : celle d'hommes qui, ayant une situation privilégiée, ont pris conscience de leurs responsabilités sociales devant l'injustice, et celle d'hommes qui, en situation de précarité, avaient perdu leur raison de vivre. Tous convaincus que c'est en sauvant les autres que l'on se sauve soi-même, ils ont décidé d'unir leur volonté et leurs actes pour s'entraider et secourir ceux qui souffrent. C'est par le travail et la vie communautaire que le mouvement Emmaüs sort de l'isolement les personnes totalement exclues du fonctionnement social.

 

 

On ne peut pas, sous prétexte qu'il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout

 

Abbé  Pierre